30 mai 2011 . 03:24
La musique des abeilles
Ce week-end, ma madeleine de Proust était dotée de petites ailes et émettait un son bien particulier. C’est en empruntant le sentier menant au garage de la maison familiale que j’ai entendu le bruit des abeilles dans les arbustes tout proches. J’ai levé la tête et je les ai vues, les petites travailleuses. Elles m’ont rappelé les étés au Mas Choquet, les après-midi passées à jouer dehors et leur lot de piqûres, l’aspivenin... L’aspivenin ! Avec sa panoplie d’embouts interchangeables aux applications presque infinies, comme se couvrir de suçons, s’aspirer la langue, imiter pinnochio etc.
Alors que tous ces bons vieux souvenirs refaisaient surface, le bourdonnement m’a soudainement rappelé une discussion que j’avais eue avec un ami à propos d’un homme qui enregistrait le bruit des abeilles pour en faire de la musique. Armé d’un matériel ancestral, le petit vieux et son magnétophone à bandes transformait le bruissement des insectes en électro expérimentale des plus inspirées. Je n’avais jamais vu ce reportage dont mon ami m’avait parlé, je me suis mis en tête de le retrouver sur la toile une fois rentré.
J’ai rapidement réussi à trouver un artiste ayant produit un titre à partir de ses enregistrements d’abeilles. Mais aucune trace de mon petit vieux. Alors que je poursuivais mes recherches, je me suis aperçu que les abeilles et leurs 200 battements d’ailes à la seconde responsables de ce bourdonnement caractéristique ont inspiré plus d’un musicien et ce depuis un moment.
Voici quelques réalisations issues de la collaboration entre abeilles et musiciens :
La première vidéo que j’ai trouvé est signée Troels Folmann, un compositeur talentueux spécialisé dans les bandes originales et le design sonore de bandes annonces, séries-télés, films et jeux vidéos. Il est co-fondateur de la bibliothèque de samples haute qualité tonehammer. La première minute est uniquement composée de bruits d’abeilles auxquels des effets ont été appliqués. Ensuite, quelques éléments humains ont été rajoutés (voix, guitares...).
Vous avez certainement déjà entendu cette oeuvre de Rimski-Korsakov nommée Le Vol du Bourdon qu’il a écrit en 1900 pour son opéra Le Conte du tsar Saltan. Voici une interprétation géniale de l’orchestre de chambre du Kremlin au conservatoire de Moscou.
À la même époque, Franz Anton Schubert, violoniste et compositeur allemand, crée son morceau le plus populaire, L’Abeille. L’interprétation est de Joseph Szigeti, violoniste américain d’origine hongroise.
On revient à quelque chose de plus contemporain et même d’actualité. Voici un remix inspiré du groupe The Bees par Nicolas Jaar qui sera aux Nuits Sonores cette semaine.
Enfin, l’occasion pour moi de parler de Warpaint avec le titre Bees tiré de leur dernier album. J’ai découvert les 4 américaines alors que je regardais le live webcast de Coachella 2011 sur YouTube. Je suis resté scotché à l’écran malgré la possibilité de zapper entre les scènes et la présence simultanée de Cee Lo Green sur une autre scène. Il n’a pas pu lutter face à tant de fraîcheur et de sensualité.
Bonus pour les motivés : un projet d’une certaine Robbie Hunsinger postée samedi dernier sur vimeo qui propose une vidéo contrôlée en temps-réel par un microphone. Elle joue du Hautbois et le son de l’instrument contrôle certains paramètres d’une vidéo sur laquelle on peut voir des abeilles. Une charmeuse d’abeilles quoi !
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cette nuit là . . .